Texte Libre
Le BLOG de la famille ABROISSIÈRE, perdue au fond de la belle Ile
de France...
De Rueil à Guernes, de Guernes à Rueil, prenez connaissance de nos
humeurs.
Et puis.... Il y a Sonia, qu'est belle comme un soleil Et qui m'aime pareil que moi j'aime Sonia. Même qu'on se dit souvent, qu'on aura une
maison Avec des tas de fenêtres. Avec presque pas de murs Et qu'on vivra dedans Et qu'il fera bon y être

Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu'elle est trop douce pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J'ai jamais tué de chats,
Ou alors y a longtemps,
Ou bien j'ai oublié... ...Ou ils sentaient pas bon
Ce mercredi là, je rentrais du travail, alors que Mylène était partie avec sa maman, visiter une voisine. Le calme dans le salon, et ces petites voitures, posées là, immobiles, figée à se languir du retour de ma petite fille. Le fait que ces jouets soit issus du film "Cars" de Pixar, et humanisé par d'astucieux et talentueux déssinateurs ne fait qu'ajouter à la magie que j'ai ressentie.
La lumière était douce, et le temps, comme suspendu aux bout des petits doigts de Mylène, ne jouait plus qu'avec les caresses du soleil. La matérialisation de ce que je voyais comme de simple bout de bois, en piste de course, ajoutait au contraste de l'immobilité. Une course immobile. L'instant maquillé d'un enfant, que l'on a appellé pour sortir jouer.
Deviner que ce décor de vieux carreaux de ciment peint, fera partie des couleurs de sa mémoire d'adulte. Ces imperfections qu'elle comprendra plus tard comme une partie de notre éducation. L'héritage d'un temps que nous aurons peint ensemble, en famille et heureux. Ces parfums de bois et d'encaustique. L'arôme du pain qui cuit dans la machine, auprès d'elle. Ces fenêtres qui s'ouvre sur un champ qui souligne les saisons, et l'humeur du vent. Ces buis dans lesquels courrent une foultitude, dit-on, de cherche midi. Et puis, Timoune, la chatte qui se colle à la fenêtre, un oeil sur elle, l'autre sur les oiseaux ! Des images comme celles ci ou autre, nous en avons tous plein la tête. Mais celles ci et d'autres sont collées sur des adresses numériques moins poétiques, mais qui nous manquent parfois quand même un peu, à nous les vieux.
Jouer pour garder un plaisir simple, jouer pour décorer son temps ( pour me répéter ). S'il me vient d'en parler comme çà,
c'est que souvent, je prend plaisir à détailler les champs de jeux démontés comme des terrains de manoeuvres. Pourquoi telle peluches pleure ventre à terre, alors que cette
autre semble lui accorder toute sa miséricorde. Ces playmobils qui ont fini de vider leur courageuses aventures, entassés dans un tracteur expodimensionné. Une chambre (dans le meilleur des
cas ) d'enfant, c'est un tableau d'une inaccessible tendresse sans cesse renouvelée. Je ne me lasse pas de m'ennivrer de ces couleurs et parfums perdus dérrières les grandes portes
de nos soirées d'adolescents.
Il y avait là les amoureux du dessin animé, Flash mc queen et Sally, ne semblant pas même s'inquiéter de ce bout de bois en travers de leur chemin, ni des deux lascars qui les suivent. Le
shériff bien seul en bout de piste, dans le scénario de Mymy. Que peut-il bien attendre de sa journée. Est-il là pour me rappeller que ma petite dernière joue souvent avec elle même,
comme je le fis en mon temps. Les copains qui s'alignent pour se délecter de l'aventure des héros. Plein de trucs qui me dépassent en fait. Elle seule a les clés du story board. Et moi, Ce
soir, j'ai vu Madeleine, comme un papa nostalgique, d'un seul objectif, à la capture de cette envoûtante mise en scène. Prétentieux à l'impression. Un Himalaya de simplicité semble nous
séparer moi et un tel tableau. Pas de jalousie, non, mais un profond désarroi depuis l'instant ou j'ai appréhendé cette séparation des pouvoirs, au sens premier du terme.
Avec ma même imagination, j'entend sa petite voix qui crie : "regarde Flash, les méchants nous suivent !" et de renchérir sur un
improbable suspense qui mènera sans nul doute leur amour au triomphe... Mais ce calme qui ne lui ressemble pas pèse sur ce tableau. Ils sont tous ici à l'attendre. Il me
regardent les prendre en photos sans même vouloir me répondre lorsque j'essaye de faire parler leur mémoire.
- "Mais qu'est-ce que tu fais là tout seul ?
- Rien ! Je ne fait rien, j'attend Mylène qui fera alors parler ses petites mains. J'aime quand elles me parlent et accompagnent sa musique qui murmure mon nom.
Shériff ! tu surveilles les méchants ! Ils ne veulent pas que Flash et Sally se fasse des bisoux ! Alors pour sûr, ces deux méchants, je les aurais à l'oeil..."
Mais c'est ma réponse. Pas la sienne. cette dépanneuse qui rivalise avec moi, par instant dans le coeur de ma fille. Je sais bien qu'elle saura la faire sourire à son
retour. Elle non plus ne veut pas me dire pourquoi elle reste bien sage à papoter avec ses copines, pendant que le danger guette les zamoureux. Tout a l'air si paisible, sous
contrôle... C'est vraiment moi qui me fait du mourron pour queue de chique. A vouloir trouver des raisons à cela. En réalité, loin de prendre des photos, ma tête
se teinte déjà de sourires. Je suis en train de jouer.








